jeudi 29 novembre 2012

Hautes-Alpes : les Alpages sentinelles et la problématique des aléas climatiques présentés lors de la matinée technique de l’Assemblée générale annuelle du CERPAM



Le mardi 18 septembre 2012, s’est tenu l’Assemblée générale du CERPAM au Gioberney, sur la commune de La Chapelle en Valgaudemar. Après les allocutions de bienvenue du Maire, Jean-Claude Catelan, du Président de la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes, Pierre-Yves Motte, du Président et du directeur du Parc national des Ecrins, Christian Picoud et Bertrand Galtier, enfin du président du CERPAM, Francis Solda, les participants se sont rendus sur l’un des neuf alpages sentinelles du Parc national des Ecrins, celui de Surette -Vallonpierre.


 
Le programme Alpages sentinelles vise à construire un espace de concertation pour prendre en compte ensemble l’impact des aléas climatiques sur la gestion et la biodiversité de ces écosystèmes pâturés. Il s’appuie sur un protocole de relevés de terrain enregistrant les données météo, la gestion pastorale, l’état de la ressource, complété par des enquêtes en exploitation. Lors d’une magnifique balade dans la montagne, les 120 participants ont écouté avec attention les exposés présentés par les partenaires que sont le Parc national des Ecrins, le CERPAM, la FAI, l’IRSTEA, la Chambre d’Agriculture, les éleveurs. Cette matinée technique a aussi permis de mettre en valeur l’espace de concertation créé par ce programme. Les échanges réguliers durant la période de suivi avec la bergère, Christiane Chevillard, et avec le Président du Groupement pastoral, Guy Bellon, ont démontré l’en-gagement des acteurs de terrain dans la prise en compte de la problématique.
La journée s’est ensuite poursuivie par l’Assemblée générale statutaire du CERPAM. Le Président, Francis Solda, a notamment évoqué les questions d’actualités dans son rapport moral. En premier lieu, la réforme de la politique agricole commune et ses incidences pour les activités pastorales, puis le nouveau millésime de l’enquête pastorale qui sera conduit de 2012 à 2014, et qui visera à recenser l’ensemble des unités pastorales collectives et individuelles sur les deux régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, enfin la question de la prédation par le loup. Un échange s’est ainsi engagé sur la prise en compte des surfaces pastorales de nos régions méditerranéennes, un temps en danger et qui devraient finalement être reconnues dans la PAC, à la suite de l’intense travail qui a été engagé et partagé avec les partenaires des services pastoraux ; à cette occasion, le représentant de la région Languedoc Roussillon, Georges Zinsstag, Vice-Président de l’OIER-SUAMME et membre du bureau de la Chambre régionale de cette région, a insisté sur la nécessité des collaborations et des partenariats entre régions pastorales méditerranéennes pour la nécessaire défense de cette forme originale d’élevage.


Massifs montagneux : le CERPAM accompagne les diagnostics de vulnérabilité dans les nouvelles régions d’apparition de loups



Au fil des ans, le CERPAM a fondé la méthode du diagnostic vulnérabilité applicable à l’échelle d’une unité pastorale, d’une exploitation ou d’un territoire, en partenariat avec l’OIER-SUAMME et l’Institut de l’Elevage au sein de l’Unité commune de Programme Pastoralisme méditer-ranéen. Il s’agit de caractériser les facteurs de vulnérabilité liés au territoire, au système d’élevage et aux pratiques afin de proposer des adaptations pour réduire le risque d’attaques sans porter atteinte à l’équilibre du système pastoral ni à la production. L’analyse de vulnérabilité est désormais accessible aux éleveurs qui en font la demande dans le cadre de la mesure de protection des troupeaux.
 
Plusieurs dizaines de diagnostics de vulnérabilité ont ainsi été réalisés sur des alpages ou des exploitations dans les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et le Var. Depuis un an, le CERPAM a accompagné plusieurs diagnostics de vulnérabilité menés dans des territoires d’extension de présence du loup, dont on ignore encore si elle a un caractère temporaire ou permanent. Ainsi dans le département du Doubs avec la Chambre régionale d’agriculture de Franche-Comté, dans le département des Vosges avec la Chambre départementale d’Agriculture, enfin en Lozère avec la Chambre dépar-tementale d’Agriculture et l’OIER-SUAMME (service d’agriculture Languedoc –Roussillon).
Ces études convergent avec celles qui sont menées dans les Alpes du Sud : la problématique dominante est désormais celle de l’adaptation des exploitations d’élevage résidentes en zones à loups et majoritairement sédentaires. Or elles doivent faire face à des facteurs de vulnérabilité spécifiques qui rendent plus difficile la protection des troupeaux par rapport à l’alpage : les troupeaux sont plus petits et divisés en plusieurs lots au pâturage simultanément, ce qui impose de démultiplier les moyens de protection ; les lots d’animaux en production au pâturage sont beaucoup plus sensibles au risque d’attaque, induisant un fort risque de perte de production ; les pâturages sont souvent embrous-saillés, boisés, ou en mosaïque au milieu des bois ; le risque est prolongé pendant toute la période de  pâturage, soit 6 à 12 mois par an ; enfin la capacité de l’éleveur individuel de dégager du temps de travail sup-plémentaire pour protéger ses lots d’animaux est à peu près inexistante. La capacité de trouver des solutions pour la protection des troupeaux sur l’exploitation de montagne, notamment en parvenant à sécuriser les parcs de pâturage, est un enjeu essentiel pour la survie même de cet élevage ovin.

Pour en savoir plus : lgarde@cerpam.fr

Alpes-de-Haute-Provence : de l’eau pour les bêtes et les hommes

Les premières montagnes des Alpes du Sud (Moyen-Verdon, Vaïre, Var, Monges) au substrat calcaire, aux températures chaudes, souffrent structurellement du manque d’eau. Le manque de ce précieux liquide sur ces alpages est un handicap majeur tant pour les bêtes que pour les bergers. En effet, sur de nombreux alpages, les seuls points d’eau se trouvent à plusieurs kilomètres de marche, souvent dans les vallons. L’abreuvement du troupeau devient une épreuve pour les bêtes et pour celui ou celle qui les accompagne. Les sècheresses estivales récurrentes nous rappellent, s’il est encore nécessaire, que les herbivores ont besoin d’eau. Ce besoin croît avec la déshydratation des végétaux qu’ils consomment. Ainsi, sur des pelouses très sèches, des brebis vont boire jusqu’à 4 litres par jour chacune. Dans les mêmes conditions de sècheresse, une vache allaitante absorbera en moyenne 60 litres par jour. L’eau est un élément très important pour la rumination et l’assimilation des nutriments. En ce sens, l’eau conditionne directement les performances zootechniques.
Abreuver les troupeaux préoccupe l’homme de très longue date. Pour preuve, les ayguiers (cabanons en pierres sèches coiffant une citerne alimentée par la toiture) du Luberon lieu de plusieurs siècles, quant aux « lavognes » (dépressions naturelles imperméabilisées par de l’argile pour retenir l’eau de pluie) du Larzac, elles remonteraient au moins au 1er siècle avant J-C. Avec les impluviums pastoraux, le principe reste le même, seuls les matériaux, les moyens et la technique changent : on creuse un bassin imperméabilisé par une bâche destiné à stocker le volume d’eau de pluie nécessaire à satisfaire les besoins du troupeau. Ces équipements se multiplient : une quinzaine dans le Moyen Verdon, le pays d’Annot, et les Monges et 3 supplémentaires en cours de réalisation. Le prix moyen d’un impluvium se situe autour de 20.000 € TTC (très variable suivant les travaux de
terrassement à réaliser).


Si ces impluviums peuvent abreuver des animaux, leurs eaux sont en revanche impropres à la consom-mation humaine. Ainsi, bien souvent la corvée d’eau pour la bergère ou le berger est encore plus difficile à résoudre. Lorsqu’une source se trouve plus haut que la cabane, quand bien même à plusieurs centaines de mètres, il suffit de poser des tuyaux pour l’amener à la cabane par gravité. Mais lorsque celle-ci est en contrebas, tout se complique. Heureusement le développement récent de pompes fonctionnant à partir d’électricité photovoltaïque ouvre de nouvelles possibilités dans des conditions in-envisageables jusqu’il y a peu. C’est ainsi que cette année, un nouveau pas a été franchi par l’installation de trois pompes photo-voltaïques  permettant de remonter de l’eau jusqu’aux cabanes et d’alimenter des abreuvoirs sur des dénivelés croissants : 50 m. pour 1200 m. de linéaire de tuyau sur la Montagne de Maurel (commune de La Mure-Argens), 80 m. avec 600 m. de tuyau à Bernardez (commune de Méolans-Revel), enfin 250 m. de dénivelé pour un linéaire de 800 m sur l’alpage du Teillon (commune de La Garde). Les éleveurs, les bergers, et les brebis sont ravis ! Des projets qui nous rappellent qu’en Provence, l’eau n’a pas de prix !



Pour en savoir plus : sgole@cerpam.fr, dbaron@cerpam.fr, et bbeylier@cerpam.fr

Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes : les Fédérations de Groupements pastoraux au festival du film « Pastoralisme et grands espaces »



Tous les 2 ans l’association « Pastoralisme du monde » organise le festival du film « Pastoralisme et Grands Espaces » à Prapoutel les sept Laux en Isère. Pour la 10ème édition, les Fédérations des Groupements pastoraux des Hautes-Alpes (ALPAGE) et des Alpes-de-Haute-Provence (ESTIVALP), représentées par 12 éleveurs, s’y sont rendues en toute convivialité. Pendant 2 jours, le petit troupeau que nous étions a voyagé bien plus loin que son parc de fin d’après-midi. Nous avons été à la rencontre des peuples nomades du Tchad, du Mali, de la Bolivie, à travers des films-documentaires captivants… mais aussi des bergers sans terre du Pays Basque ou encore des derniers transhumants à pied entre Provence et Alpes. Nous avons aussi découvert la fabrication de gruyère à la ferme laitière expérimentale de chamelle en Arabie-Saoudite…
De nombreuses délégations venant du Sénégal, du Sahel, du Maghreb, du Zanskar (Himalaya), d’Italie et bien d’autres pays étaient présentes. Le débat sur le thème « Faire entrer les gestions pastorales en gouvernance » fut riche. Dans quelques pays africains, la population transhumante peut atteindre 80 %, le droit à l’éducation, l’eau potable, la santé au même titre que le reste de la population n’est que partiellement pris en compte dans les politiques publiques. De nombreuses reven-dications ont été soulevées enrichissant ainsi la composition du prochain « Manifeste International de la Pastoralité ». Les objectifs du festival qui sont de permettre l’innovation sur ces espaces sensibles, favoriser la rencontre entre des mondes qui parfois s’ignorent et consolider la reconnaissance des activités pastorales et des espaces dans toute leur complexité ont été remplis.

Pour en savoir plus : csoulleys@cerpam.fr et sgole@cerpam.fr

Alpes-Maritimes : travailler sur le foncier pour pérenniser les activités pastorales



Les conventions pluriannuelles de pâturages sont l’un des outils créés par la loi pastorale de 1972 dont les quarante ans ont été fêtés à l’Assemblé nationale en mars dernier (voir LT n° 40). Elles sont encadrées par un arrêté préfectoral départemental pour ce qui concerne la durée, le prix et les conditions de renouvellement. Elles constituent la base foncière de la grande majorité des exploitations d’élevage pastoral des Alpes-Mari-times et des groupements pastoraux, les éleveurs étant peu propriétaires et le bail rural très peu développé. Le CERPAM intervient très régulièrement lors de la rédaction de ces contrats pour conseiller les propriétaires tant sur la procédure que pour apporter un éclairage technique afin de déterminer les différentes clauses de la convention. En effet, il s’agit de déterminer les dates de pâturage possible, les espèces admises, le chargement maximal autorisé en prenant en compte  les autres enjeux du site concerné (enjeux environnementaux, pratique de la chasse ou d’autres activités, etc.), ce qui peut parfois demander un temps nécessaire de concertation. L’objectif est de pérenniser les activités pastorales avec un souci de transparence vis-à-vis des propriétaires et des autres acteurs du territoire. En 2012, ce sont déjà plus d’une douzaine de collectivités (Communes et Conseil général) qui ont bénéficié de cet appui du CERPAM, dans des situations plus ou moins complexes, ainsi que quelques propriétaires privés.
 
En complément, les prêts à usage permettent aussi de mobiliser l’espace pastoral privé ou public sous condition, de façon très souple et à titre gratuit, au titre du code civil (articles 1875 et suivants) et non rural. Le prêt à usage est « un contrat par lequel l’une des parties livre une chose à l’autre pour s’en servir sans aucune contrepartie quelle qu’elle soit, financière ou en nature, à charge pour le preneur de la rendre dans le même état après s’en être servi ». Une alternative utile, par exemple à titre de « période d’essai » pour une nouvelle utilisation pastorale, ou sur de petites surfaces, ou encore pour permettre un pâturage gratuit lorsque cela rend service au propriétaire !

Pour en savoir plus : algouty@cerpam.fr

Bouches-du-Rhône : le pastoralisme et l’énergie, un partenariat avec RTE (Réseau transport d’Electricité)

En 2009, le CERPAM a été sollicité par RTE pour réfléchir à la faisabilité d'un entretien par le pâturage de bandes débroussaillées sous les lignes haute-tension (30 à 100 m. de large suivant la puissance des lignes). Après avoir rappelé les conditions générales de faisabilité d'une opération de ce type en s'appuyant sur l'exemple des coupures DFCI (surfaces de pâturage, équipements, rémunération, etc..), le CERPAM a proposé un premier croisement des données cartographiques de tracés de lignes haute-tension et de territoires pâturés actuels afin de voir si un ou deux sites mériteraient un examen plus précis. Cette première étape a été réalisée, elle a conduit à une visite de terrain en juin 2010, qui a permis au CERPAM et à RTE de mieux appréhender leurs problématiques respectives et leurs possibilités de collaboration.
A la Suite de cette première étape, deux sites potentiels de mise en place d’une expérimentation dès le prin-temps 2012, ont été repérés sur deux places de printemps pour des troupeaux ovins locaux à Eyguières et La Barben. Les actions visent à améliorer l’impact du pâturage sur le tracé de la ligne, tant sous les pylônes que sous les « portées » (longueur de fils entre deux pylônes), en concertation avec les autres enjeux environnementaux locaux, notamment la DFCI, l’impact paysager et la nidification de l’avifaune. Pour cette première année, des travaux de réouverture par débroussaillement mécanique sont programmés pour rétablir la circulation des bêtes, et une complémentation a été mise en place pour augmenter l’impact des bêtes sur la strate arbustive, sous forme de maïs grain. C’est au total 2.200 m. de linéaire et 16 ha de surfaces qui ont ainsi été réinsérés dans les circuits de pâturage des animaux.
Cette première année a permis d’avancer dans la mise en place d’un partenariat technique avec RTE : apprendre à connaître les enjeux respectifs de chacun, à partager une méthode de travail commune, réfléchir à une cohérence territoriale avec les enjeux DFCI et avifaune. Ensuite, RTE souhaite suivre à moyen terme les deux sites pour évaluer les gains par rapport à leurs modalités d’entretien habituelles. Une contractualisation de type MAE sera certainement proposée entre les éleveurs et RTE. D’autres  part des sites ont été repérés pour une éventuelle reproduction de ce type d’expérience, soit avec des éleveurs déjà utilisateurs des surfaces sous des ouvrages RTE existants, soit des éle-veurs demandeurs d’aménagements et motivés pour participer à ce type d’entretien. En route, par étapes successives mais sûrement, vers un partenariat efficace…

Var : le Plan d’Occupation pastorale de la Dracénie bientôt à la signature des éleveurs et des élus.



Après 8 mois de concertation avec l’ensemble des partenaires, le CERPAM a présenté le Plan d’Occupation pastorale (POP) de la Communauté d’Agglomération dracé-noise (CAD), concernant Draguignan et les communes envi-ronnantes. Le panorama des activités pastorales a été ainsi dressé : 35 éleveurs gèrent 15 061 ha de parcours, soit 58 % des espaces naturels de l’ensemble des 7 communes étudiées, très majo-ritairement sous forme de conventions de pâturage. 7 groupements pastoraux sont constitués. L’activité pastorale génère une quarantaine d’emplois d’éleveurs, avec un âge moyen de 48 ans, et de bergers. On compte 51 chiens de protection pour des troupeaux soumis à une forte pression de prédation. 18 éleveurs ovins sur 20 transhument à pied, tous partent l’été dont 15 sur le département (Canjuers). Enfin, on repère 20 territoires pastoraux vacants couvrant 3 800 ha, soit 15 % des espaces naturels.
Les maires des communes concernés ont participé activement aux réunions de travail, ils ont ainsi beaucoup appris sur l’élevage, le pastoralisme et le rôle de celui-ci vis-à-vis des grands enjeux environnementaux. Le Règlement communal a mis en valeur 10 enjeux : DFCI, Natura 2000 (2 sites), tortues d’Hermann, périmètres de protection des eaux, sentiers de randonnées, espaces boisés classés et PLU, activité militaire (camp de Canjuers), prédation (loups), chasse, gestion des forêts. Pour permettre de concilier ces enjeux avec l’activité pastorale, un plan d’action en faveur du pastoralisme sera proposé. La CAD souhaite une mise en œuvre rapide de celui-ci pour répondre à l’attente des éleveurs et des élus.

Pour en savoir plus : pthavaud@cerpam.fr

Var : deux ans d’expertise pastorale dans le camp militaire de Canjuers



Le territoire du camp militaire de Canjuers dans le Var constitue une entité écopastorale originale, constituée d’un vaste plateau karstique dominé par des formations steppiques remarquables à stipe, mais aussi des boisements à chêne blanc et pin sylvestre qui tendent à coloniser cet espace à partir des zones périphériques. Trois activités dominent ce territoire, le camp militaire le plus vaste d’Europe, l’exploitation forestière (15 000 à 20 000 m3/an), enfin l’élevage avec une trentaine d’exploitations installées dans les vallées qui ent-ourent ce territoire. Ces exploitations utilisent plus de 20 000 ha d’espaces naturels soit les 2/3 de la surface du camp militaire. L’Office National des forêts gère les activités forestières et pastorales du camp militaire et a mis en place depuis de nombreuses années des conventions de pâturage qui lient l’Armée et les éleveurs. L’ONF a ainsi souhaité un diagnostic sur la valeur des parcours, les modes de gestion envisageable, les contraintes, afin de pouvoir réviser de manière équitable les prix des conventions de pâturage en conformité avec l’Arrêté préfectoral du Var.
 














Depuis quelques années en effet, la multiplication des attaques de trou-peaux dues au loup et  l’augmentation de l’activité militaire ont eu de forts impacts sur l’activité pastorale. Le CERPAM a expertisé prés de 20 000 ha de parcours et réalisé auprès des éleveurs une enquête détaillée sur leur système d’élevage et la conduite de leurs troupeaux sur le camp militaire. Une cartographie précise sous format SIG des unités pastorales et des grands types de milieux pastoraux répartis en 5 classes de valeur pastorale a été réalisée. Pour chaque unité une proposition de révision de prix a été établie à partir du barème de l’arrêté préfectoral avec une pondé-ration de 40 à 80 % en fonction du niveau de contraintes occasionné par les activités militaires.

Pour en savoir plus : pthavaud@cerpam.fr

vendredi 3 août 2012


A retenir

Mardi 18 septembre 2012
ASSEMBLEE GENERALE DU CERPAM

Sa matinée technique se tiendra sur l’alpage sentinelle de Surette-Vallonpierre
commune de La Chapelle en Valgaudemar, dans les Hautes Alpes
sur le thème

«  Les alpages sentinelles : gérer le changement climatique en coresponsabilité
pour le pastoralisme et la biodiversité »

dans le cadre des travaux conduits en partenariat avec le Parc national des Ecrins et cofinancés par le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Feader

Régional : Le nouveau directeur du CERPAM est arrivé


Après 22 années à la direction du CERPAM, Jean-Pierre Legeard partira à la retraite à la fin septembre 2012. Le Conseil d’administration a préparé cette échéance depuis près d’un an et son successeur a pris ses fonctions au 1er juin 2012. Il s’agit de Marc Dimanche, déjà bien connu dans le petit monde du pastoralisme. Originaire des Bouches- du-Rhône, et après avoir d’abord été conseiller élevage du CETA bovin du Champsaur dans les Hautes Alpes, il était depuis de nombreuses années responsable du service pastoral de la région Languedoc-Roussillon. Nos deux régions relevant des mêmes caractéristiques méditerranéennes, les échanges ont toujours été intenses et continus entre responsables professionnels comme entre équipes techniques de nos deux services pastoraux, que ce soit pour faire valoir les données essentielles de nos activités d’élevage dans les politiques agricoles, ou pour conduire en coopération des programmes d’innovation et d’expérimentation. Ces partenariats naturels ont porté la constitution de l’Unité Commune de Programme « Pastoralisme méditerranéen » qui, depuis 2003, réunit les deux services pastoraux avec l’antenne Méditerranée de l’Institut de l’Elevage. Les collaborations établies ainsi de part et d’autre du Rhône n’en seront que plus consolidées, tandis que seront assurées toutes les missions du CERPAM en perspective d’un prochain contexte de renégociation générale des cadres d’intervention et de financement que détermineront  la réforme de la politique agricole commune, l’organisation des compétences des collectivités territoriales ou encore la définition d’une nouvelle convention de massif.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Régional : La nouvelle enquête pastorale est lancée


Après deux années de préparation, et avec une volonté unanime de tous les partenaires, la décision d’engager une nouvelle enquête pastorale pour le massif des Alpes et les deux régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes a été actée au cours du printemps 2012. Elle s’appuie sur les cofinancements des deux Régions, des Départements et de l’Etat, avec le renfort des crédits européens du FEADER. Le SUACI Alpes du Nord en assure la maîtrise d’ouvrage générale, et le CEMAGREF de Grenoble (devenu récemment IRSTEA) le pilotage méthodologique et la valorisation comme pour les enquêtes antérieures (dont la dernière remonte à 1996-97). Sa réalisation de terrain est confiée aux services pastoraux des deux régions, et donc au CERPAM pour Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Compte-tenu de leur ampleur, en territoire à couvrir comme en moyens à mobiliser, les travaux sont programmés sur les trois années 2012-13-14, avec une dernière année 2015 principalement dévolue à l’exploitation générale des données et à leur diffusion. Pour la seule région Provence-Alpes-Côte d’Azur et ses six départements, le référencement des territoires pastoraux, y compris cartographique, et celui des activités de pâturage qui leur sont liées visent 857 communes. En cette année 2012, le recueil et la stabilisation des données ont donc débuté dans chacun des départements pour un premier tiers de ces communes, en faisant appel à des commissions communales et à des « experts » locaux, le CERPAM mobilisant lui-même toutes les informations – rendues bien sûr anonymes -  dont il dispose déjà par ses activités.  Sans attendre la fin des trois années d’enquête, l’objectif est de mettre rapidement et progressivement les données de synthèse à la disposition de leurs utilisateurs ; dans ce but, l’une des tâches d’IRSTEA est l’élaboration d’un serveur informatique qui sera accessible, entre autres, à toutes les mairies des communes enquêtées.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Régional : Une première avancée sur la prise en compte des parcours dans la réforme de la PAC


Le 7 juin 2012, le Conseil d’Administration du CERPAM a examiné les dernières évolutions du statut des parcours dans le projet de réforme de la Politique Agricole Commune. A l’issue du Conseil des Ministres de l’agriculture de l’Union européenne du 15 mai 2012, une avancée significative est en effet survenue sur la position de la Commission européenne quant à la définition de la prairie permanente, pour faire « entrer dans le dispositif certaines parcelles couvertes d’arbres, de bruyère ou d’arbustes utilisées à des fins de pâturage de manière traditionnelle » (Agra Presse). Le pré-rapport publié au même moment sous l’égide du député européen Luis Manuel Capoulas Santos, rapporteur du texte, propose une série d’amendements concernant les paiements directs aux agriculteurs ; la notion de « surface agricole entrant dans le champ d’application du règlement » (càd éligible) serait étendue aux « pâturages historiques » en sus de la prairie permanente et une nouvelle définition est proposée pour « les pâturages permanents et les pâturages historiques » ; les surfaces de parcours, qu’elles soient méditerranéennes ou d’autres régions européennes comme les régions nordiques ou les britanniques, devraient pouvoir rentrer dans cette dernière catégorie ; la référence à la prédominance de l’herbe et d’autres plantes fourragères herbacées serait également supprimée et la possibilité d’appliquer des « seuils de réduction au niveau régional » au régime du paiement de base a été proposée (càd des coefficients de réduction des paiements pour les hectares éligibles dans cette catégorie).
Cette évolution « suggérée par certains États membres » selon le communiqué de presse du Conseil de l’Agriculture et de la Pêche, résulte aussi en partie des multiples interventions des députés européens (français notamment) mobilisés par les professionnels agricoles, ainsi que des actions croisées de l’ADRET (Agence de Développement rural Europe et Territoires Languedoc-Roussillon),  de l’EFNCP (Forum Européen pour la Conservation de la Nature et le Pastoralisme) et de Parcs nationaux de France ; ces deux dernières organisations ont en effet  proposé deux manifestes qui avaient reçu le soutien de nombreuses institutions agricoles françaises et européennes (les fédérations ou syndicats ovins départementaux et régionaux, les Chambres d’agriculture, le CERPAM, le SUAMME, Euromontana, etc …). Pour autant, cette modification du règlement n’est pas encore définitivement acquise. Il va s’agir dans les semaines qui viennent de s’assurer d’une issue finale favorable à ces amendements du double point de vue de la nouvelle définition des pâturages permanents et historiques, ainsi que des modalités de prise en compte des surfaces de parcours au niveau français.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Loups : une augmentation inquiétante de la prédation en France en 2011


Les statistiques nationales définitives pour 2011, disponibles en fin de printemps 2012, montrent une nouvelle et forte augmentation des attaques. Ce sont ainsi 1324 attaques et 4921 victimes qui sont reconnues après constat et indemnisées au titre du loup, dont 4717 ovins,  170 caprins, 16 bovins, 11 équins, 6 chiens et 1 alpaga. Si les très importants efforts de protection engagés par la majorité des éleveurs (en bleu sur le graphique) ont pu un temps freiner cette évolution entre 2006 et 2008, on observe depuis trois ans une nouvelle et très forte hausse des pertes (en rouge). Les attaques ne concernent pas seulement les alpages, mais aussi les pâturages des exploitations, jusqu’à proximité des bâtiments. La moindre taille et la multiplicité des lots d’animaux y rendent beaucoup plus difficile leur protection. Cette nouvelle flambée témoigne pour partie de l’extension continue des territoires occupée par les loups : quatorze départements sont désormais touchés par les attaques. Mais 96 % des pertes en 2011 concernent les huit départements alpins "historiques", où la prédation a encore augmenté de 13 % depuis 2010, ce qui démontre aussi à quel point les loups sont capables de s’adapter aux défenses que l’on essaye de dresser entre les troupeaux et eux.
Il est particulièrement inquiétant pour notre région de constater que 70 % du total national des attaques se concentrent sur seulement trois départements : Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence, Var. Les départements méditerranéens sont donc de loin les plus touchés par la prédation. En effet, le climat clément permet un pâturage la plus grande partie de l’année, et donc une exposition aux loups beaucoup plus longue ; et les parcours sont souvent, par nature, embroussaillés et boisés, augmentant le risque d’attaques. Sur le terrain, on constate un malaise croissant des éleveurs face à cette situation qui se dégrade malgré les importants efforts de protection engagé.


Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Alpes de Haute-Provence : Toujours autant de chantiers de cabanes pastorales

En 2004 dans les Alpes de Haute Provence, tous les partenaires du pastoralisme ont collaboré à la rédaction d’un plan décennal pour accélérer l’amélioration des équipements pastoraux, et notamment mettre à des normes contemporaines les conditions d’hébergement des bergers dans les cabanes qu’elles soient communales, domaniales ou privées. Ce plan décennal, rédigé par la DDT, avec la collaboration du CERPAM et d’autres partenaires techniques agricoles, démontre chaque année toute son efficacité par des réalisations concrètes.
Depuis 2004, trente interventions ont concerné des cabanes pastorales (restauration ou construction), sous
maitrise d’ouvrage des Communes mais aussi des Groupements pastoraux (GP) qui investissent de manière croissante dans ces grosses infrastructures. Dans le département en effet, un GP utilisateur d’une cabane pastorale appartenant à un propriétaire privé peut être éligible aux financements de la mesure 323 C du PDRH, à condition d’obtenir par écrit auprès de son propriétaire une mise à disposition d’au moins 12 ans de la cabane concernée. Pour cette année 2012 une douzaine d’opérations de ce type ont été menées sur le département grâce aux concours financiers toujours fidèles de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence et de l’Europe (Fonds FEADER).
Le temps est révolu où le berger logeait entre quatre pierres couvertes d’une tôle. Désormais, les cabanes sont livrées avec eau courante, douche, toilettes sèches, appentis pour stocker le matériel d’élevage, et électricité photovoltaïque capable d’alimenter un réfrigérateur et des points lumineux. Ces éléments de confort font de la cabane pastorale contemporaine un lieu de vie et de travail agréable pour les bergers et bergères - toujours plus nombreuses-, souvent accompagnés d’aides-bergers pour la mise en œuvre des mesures de protection des troupeaux. Les aspects architecturaux et d’intégration paysagère demeurent une préoccupation de premier ordre. Chaque projet est le résultat d’une équation intégrant le mode de mise à disposition du foncier, le niveau de confort attendu, les conditions topographiques et d’accès, l’insertion
ancienne cabane


nouvelle cabane


paysagère et bien sûr le budget disponible pour le maître d’ouvrage. Cet immense chantier de rénovation et de construction de cabanes pastorales est loin de toucher à sa fin. Pour 2013, une dizaine de projets sont en cours de préparation. Outre les cabanes, ce plan décennal s’est fixé comme autre objectif prioritaire l’approvisionnement en eau des alpages par la réalisation d’impluviums et autres captages de source, pompages…

Pour en savoir plus : dbaron@cerpam.fr ; sgole@cerpam.fr



Hautes-Alpes : Démarrage de l’Enquête pastorale


Dans le massif alpin, des enquêtes pastorales sont menées tous les dix ans environ depuis les années 1960, pour réaliser un recensement exhaustif des « unités pastorales » (en particulier les alpages). La dernière datait de 1996-1997. Il était temps de réactualiser les données. Cette enquête a pour objectif d’une part de faire un état des lieux régulier des surfaces pastorales et leurs modes de gestion par les systèmes d’élevage utilisateurs, d’autre part d’évaluer les évolutions et les enjeux de ces territoires et de leurs utilisations pastorales. Ces opérations ont toujours accompagné les politiques d’aménagement des espaces montagnards en définissant les axes d’intervention qui répondent aux enjeux de ces territoires. La nouveauté dans cette enquête sera la prise en compte des zones de pâturage d’intersaison ou intermédiaires non considérées comme « estives » à part entière.
État d'avancement de l'enquête pastorale
Concrètement, le but de l’opération est de connaitre sur chaque commune les limites des pâturages et leurs modes de gestion, sur la base d’un questionnaire par unité cartographiée. Ce travail se fait par consultation et mise à jour des bases de données et diagnostics CERPAM, ainsi que par la mobilisation d’une à deux personnes-ressources (éleveur, maire, conseiller municipal,…) par commune. En 2012, ce sont 60 communes qui doivent être traitées sur les Hautes-Alpes, soit celles situées dans le Parc National des Ecrins, le Champsaur et le Briançonnais. La couverture totale du département est prévue en trois ans.

Alpes-Maritimes : Une journée de travail collectif pour installer un parc d’appui au gardiennage


Depuis 2009, l’ADEM dans la Drôme et le CERPAM côté Provence-Alpes-Côte d’Azur suivent la mise en place et l’utilisation de plusieurs parcs d’appui au gardiennage dans différents contexte de troupeaux et de milieux. Ces parcs ont pour objectif de protéger le troupeau contre les attaques de loup à des moments où le berger n’est pas mobilisable tout en permettant le pâturage de la zone clôturée. Côté Alpes-Maritimes, un parc d’appui au gardiennage a été installé et suivi l’année dernière sur un alpage difficile de la commune d’Isola : il est uniquement accessible à pied avec un temps de marche important pour accéder au chantier, la pente très forte et le relief contraignant compliquent la pose de la clôture, enfin l’effectif du troupeau implique une grande surface pour une utilisation sur une durée suffisante. En 2011, l’éleveur avait été aidé par une équipe d’écovolontaires de Pastoraloups ainsi que par la cellule pastorale de la DDTM 06, mais eu égard à la difficulté du chantier, le parc n’était pas totalement fonctionnel par rapport aux normes de protection du troupeau en ce qui concerne la pose et l’électrification. L’éleveur a utilisé le parc à la journée en fin d’estive et a été satisfait du temps ainsi libéré ainsi que de l’impact du pâturage sur un secteur difficile à faire manger.
 

Cette année, une équipe de techniciens des organismes agricoles (CERPAM, Maison régionale de l’Elevage) et de l’administration (DDTM 06, Ministère de l’Agriculture) accompagnés de l’éleveur et de deux de ses amis a été constituée pour réaliser le chantier, en se servant de l’expérience acquise l’année passée. Après un repas convivial et une nuit en tente ou dans la cabane du bas de l’alpage, le montage du parc a été effectué en une journée. Les discussions et le partage de l’expérience de chacun ont été riches et nous sommes redescendus avec quelques certitudes et bien entendu de nouvelles questions concernant l’implantation de tels équipements dans des conditions que l’on pourrait qualifier d’extrêmes.

Pour en savoir plus : algouty@cerpam.fr

Var : Convention de partenariat avec le Conseil général


Par décision de sa Commission permanente en séance du 4 juin 2012, le Conseil général du Var a retenu de soutenir les actions départementales du CERPAM dédiées au sylvopastoralisme et à la protection des massifs forestiers contre l’incendie, dans le cadre d’une convention de partenariat qui prévoit une subvention de 15 000 € pour l’année 2012. Le correspondant technique du CERPAM en est la Direction du génie forestier du Conseil général. Les missions ainsi définies visent principalement trois domaines d’intervention : l’assistance technique à l’émergence et à la réalisation des projets portés par les collectivités locales et les éleveurs ; les contributions à la définition et à la mise en œuvre de la politique forestière départementale ; enfin une implication dans les efforts de communication en matière de gestion et de protection de la forêt déployés par le Département.
Avec cette décision du Conseil général du Var, le CERPAM a ainsi la capacité de consolider ses actions associant élevage et forêt et de renforcer ses collaborations avec la Direction du Génie forestier. De plus, il dispose maintenant d’une convention de partenariat avec chacun des six départements de la région, en mesurant à leur vraie valeur les engagements qui en découlent.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

mercredi 25 avril 2012

Régions méditerranéennes : les parcours ne doivent pas être oubliés dans la réforme de la PAC


Le 16 janvier 2012, le Conseil d’Administration du CERPAM a examiné le statut des parcours dans le projet de réforme de la Politique Agricole Commune. Il affirme la nécessite de maintenir l’éligibilité des surfaces pastorales à la PAC. Jusqu’à présent en effet, le règlement européen a retenu parmi les surfaces agricoles éligibles à la PAC une catégorie dénommée « pâturages permanents », incluant les surfaces pastorales – même si déjà quelques questions étaient soulevées pour les parcours boisés, embroussaillés ou « sans herbe ». Dans son projet de nouveau règlement à partir de 2014, la proposition de la Commission apparait nettement plus restrictive : la catégorie des « pâturages permanents » est remplacée par celle des « prairies permanentes », pour laquelle la présence d’une ressource à base d’herbe doit être prépondérante. Que deviennent alors tous les espaces de parcours dont la ressource fourragère est tout autant, voire plus, fournie par les arbustes, les feuillages d’arbres, les fruits tels que glands ou châtaignes ? Une estimation rapide effectuée par le CERPAM montre que les parcours boisés représentent 40 % des surfaces pastorales régionales, et les parcours « sans herbe » 5 %.
Prenant acte de ces données, le Conseil a demandé que le projet de règlement européen prenne véritablement en compte les caractéristiques du pastoralisme méditerranéen, en France comme dans bien d’autres Etats membres. Dans ce but, la catégorie antérieure des « pâturages permanents » doit être conservée, avec une définition suffisamment ouverte pour qu’elle puisse intégrer tout type de surface pastorale, dès lors que celle-ci présente une ressource fourragère accessible aux animaux et consommable par les troupeaux, et ce quelle qu’en soit la nature : c’est l’usage pastoral qui doit déterminer la qualification « agricole » d’une surface, et non ses caractéristiques de végétation. Il appartiendrait ensuite à chaque Etat de préciser au niveau local les différents types de surfaces à usage pastoral, rendant celles-ci alors éligibles à l’ensemble des dispositions de la future PAC : droits à paiements de base, mesures agro-environnementales, etc. Un coefficient de pondération peut bien sûr leur être appliqué afin de tenir compte de la valeur relative des différents types de surfaces fourragères.
Le Conseil s’est félicité du courrier adressé en ce sens par la Chambre Régionale d’Agriculture au Ministre de l’Agriculture, comme des positions arrêtées de même par la Commission Montagne de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture. Il a donné sa validation pour co-signature par le Président de la motion de niveau européen établie  par le Forum Européen pour la Conservation de la Nature et le Pastoralisme, ainsi que du courrier commun proposé par Parcs nationaux de France dans un but identique et soutenu par un argumentaire fondé sur la préservation environnementale des espaces pastoraux.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Régional : maintenir l’intérêt collectif dans l’application des futurs Droits à Paiement de Base (DPB) aux surfaces gérées par les Groupements pastoraux


Lors de sa réunion du 16 janvier 2012, le Conseil d’Administration du CERPAM a également examiné les modalités nationales d’application des DPU et des futurs DPB aux surfaces collectives. Depuis 2010, pour renforcer les soutiens de la PAC au secteur de l’élevage, le Ministère de l’Agriculture a décidé d’asseoir la création de nouveaux DPU sur les surfaces utilisées collectivement en les affectant à chaque éleveur concerné au prorata de l’effectif de ses animaux dans le troupeau commun. Les DPU générés par les surfaces collectives sont ainsi aujourd’hui la propriété personnelle des éleveurs membres des Groupements pastoraux en 2010, et ils peuvent en faire un libre usage (cessions, prêts, …) en respectant les règles propres à l’activation et à la gestion de ces Droits. Si l’intérêt de la démarche générale est certain, la « privatisation » des droits issus des surfaces collectives soulève de fortes questions pour le présent et l’avenir des Groupements pastoraux : ces entités collectives sont évolutives, des éleveurs membres s’arrêtent et d’autres les remplacent, les effectifs d’animaux regroupés varient, etc. Que deviendront  alors les DPU issus des surfaces collectives ? Comment gérer les disparités entre éleveurs membres disposant de DPU et ceux n’en ayant pas ? N’est-ce pas toute la structuration collective qui est menacée à terme, alors que les espaces pastoraux collectifs, en alpage comme ailleurs, constituent un élément primordial d’organisation et de sécurité pour les exploitations d’élevage pastoral en place comme pour celles à venir par la voie des installations ?
Face à ces questions, le Conseil recommande de veiller à préserver l’avenir et la spécificité des surfaces pastorales à gestion collective, dont le rôle et l’utilité ne se démentiront certainement pas dans les années futures. A cet effet, il considère que les Droits relevant de ces surfaces doivent leur rester attachés et être portés par les entités collectives gestionnaires ; celles-ci auront alors à charge de les redistribuer annuellement et intégralement aux éleveurs concernés au prorata de la contribution de chacun au troupeau commun, en raison du caractère clairement défini de soutien économique de la PAC au revenu des exploitations que revêtent  les DPU aujourd’hui et les DPB demain. Diverses questions pratiques d’application devront être précisées, mais l’échéance de 2014 pour la mise en œuvre de la réforme de la PAC fournit l’opportunité de repositionner et de consolider ainsi le statut des surfaces pastorales collectives.

Pour en savoir plus : secretariat@cerpam.fr

Alpes-de-Haute-Provence : les Groupements Pastoraux fêtent les 40 ans de la Loi Pastorale à Paris


Crédit photo B.MSIKA

C’est à la Loi Pastorale de 1972 que les Groupements pastoraux doivent leur existence. La Fédération des GP des Alpes de Haute-Provence (ESTIVALP) qui compte aujourd’hui 120 GP adhérents, se devait de répondre présente à l’anniversaire des 40 ans organisé le 1er mars 2012 par l’Association Française de Pastoralisme. Ce sont près de 25 représentants de Groupements pastoraux bas-alpins qui ont fait le déplacement jusqu’à la capitale pour participer à cet évènement national. Ils ont pu ainsi apprendre les étapes fondatrices de cette Loi propre au pastoralisme et unique en Europe, conduisant à des applications aujourd’hui très répandues : Groupement Pastoral bien sûr, mais aussi Association Foncière Pastorale, Convention Pluriannuelle de Pâturage. Plus qu’une commémoration pour célébrer le passé, cette journée a été l’occasion pour de nombreux intervenants, dont le Président d’ESTIVALP, Jean DEBAYLE, de remettre l’activité pastorale dans une dynamique d’avenir et de progrès. Les différents intervenants français et européens ont montré à quel point le pastoralisme doit faire l’objet d’un effort permanent afin d’assurer sa place dans les politiques publiques (réglementation et aides financières). Adaptation des hommes et de leurs troupeaux à des territoires difficiles, le pastoralisme demeure en effet une activité agricole à l’écart de la course à la productivité. Les participants d’ESTIVALP ont été très heureux de savoir que dans d’autres pays, des hommes et des femmes ont le même souci de contribuer à l’entretien des milieux naturels, d’assurer la meilleure des qualités à leur produits, de moderniser leurs conditions de travail, et de transmettre des savoir-faire très riches et performants mais marginalisés par le modèle agro-industriel.

Cette journée a atteint son objectif, celui de nous rassurer. Elle a démontré que le pastoralisme est bien vivant et déterminé à tenir toute sa place à la fois dans le monde agricole, mais également auprès de l’ensemble de ses partenaires gestionnaires d’espaces naturels (Parcs nationaux et régionaux, forestiers,chasseurs,environnementalistes etc…).

Pour en savoir plus : dbaron@cerpam.fr

Hautes-Alpes : une journée d'échanges autour d'Alpages sentinelles


Le 15 mars 2012 se tenait la rencontre annuelle du programme Alpages sentinelles. Cette journée a permis à l’ensemble des acteurs impliqués de faire le point sur la saison 2011 et a fourni un moment d’échanges sur la problématique des aléas climatiques en montagne, aussi bien en alpage que dans les exploitations concernées. Alors que la fin d’hiver et le début de printemps 2011 semblaient présager une campagne similaire à celle de 2003, des températures moyennes et les pluies du mois de juin ont permis, en alpage tout du moins, à la ressource fourragère d’être bien présente. Globalement, il en ressort que la ressource fourragère fut supérieure à celle de l’année précédente. Avec les épisodes pluvieux de juillet et des températures moyennes en été, la sécheresse ne s’est pas faite ressentir en alpage, ce qui n’a pas été systématiquement le cas dans les exploitations.
La journée, qui s’est tenue à Lavaldens, en Isère, fut l’occasion de présenter l’alpage sentinelle du Sappey. Celui-ci se caractérise par une altitude faible, des versants exposés sud et ouest ainsi que par un pâturage mixte ovin et bovin. La présence de tardons sur l’alpage donna également l’opportunité d’aborder ce sujet. Ce fut notamment intéressant de faire un rapide historique de cette pratique d’élevage, de rappeler les différentes problématiques pastorales liées à la présence de tardons dans les troupeaux et enfin de pointer les difficultés à valoriser des agneaux tardons dans les réseaux de commercialisation.


Pour en savoir plus : svieux@cerpam.fr

Alpes-Maritimes : pastoralisme collectif


Les groupements pastoraux (GP) continuent de se développer dans les Alpes-Maritimes. En 2012, il existe 25 groupements pastoraux qui représentent 90 éleveurs regroupés, essentiellement des éleveurs ovins, avec de nombreux transhumants varois et bas-alpins. La grande majorité des GP ont pour orientation principale la production « ovin viande », (17 GP sur 25). Concernant les effectifs, on trouve plus de 37 000 ovins, 1200 bovins, 400 caprins et 96 équins, qui utilisent plus de 24 000 ha répartis sur 52 unités pastorales de parcours ou d’alpage, de la côte jusqu’aux frontières italiennes.
Nombre de ces groupements pastoraux sont engagés activement dans l’amélioration pastorale de leur territoire et/ou dans des contrats agro-environnementaux : un tiers des GP sont engagés dans des MAE sur les sites Natura 2000 du Mercantour et des Entraunes / Gorges de Daluis. De plus, lors des deux dernières années, 7 dossiers d’équipements ont été financés dans le cadre de la mesure 323C du PDRH, essentiellement pour l’abreuvement des troupeaux, l’équipement photovoltaïque des cabanes pastorales, la mise en place de parc de tri, mais aussi avec l’implantation d’une yourte. Du fait de leur nombre croissant et de leur répartition plus large sur le département, leur existence et leur fonctionnement sont mieux connus par les partenaires du pastoralisme. Reste maintenant à faire vivre ces groupements sur le long terme, pour des projets collectifs enrichissants.

Pour en savoir plus : algouty@cerpam.fr

Var : un Plan d’Occupation Pastorale intercommunal en Dracénie


La Communauté d’Agglomération Dracénoise (CAD), qui regroupe 16 communes autour de Draguignan, a décidé de confier au CERPAM, après appel d’offre la mise en place d’un Plan d’Occupation Pastorale Intercommunal (POPI). Celui-ci porte sur les communes d’Ampus, Bargemon, Châteaudouble, Callas, Claviers, Figanières et Montferrat : des communes rurales où le pastoralisme joue un rôle important du fait de ses dimensions économique, environnementale, culturelle et touristique. Une trentaine d’éleveurs locaux et transhumants sont concernés ; ils  utilisent près de 20 000 ha de parcours, soit environ 60% des espaces naturels de ces 7 communes.

Le POPI est un état des lieux complet et précis des activités pastorales à l’échelle de l’ensemble des communes souscrivant au programme. Il comporte une enquête auprès des éleveurs sur les territoires pâturés et les pratiques pastorales, le recensement des autres usages présents sur ces espaces, enfin une rencontre rassemblant élus, éleveurs et autres acteurs concernés. Le POPI crée ainsi une dynamique qui permet de faire émerger des projets et de programmer des actions visant à conforter et redéployer l’élevage pastoral. Le POP Intercommunal de la Dracénie est en cours de réalisation et il s’achèvera  par la signature conjointe des maires et des éleveurs concernés.



Pour en savoir plus : pthavaud@cerpam.fr

Vaucluse : création d’un abri de berger dans l’ancienne bergerie du Colombier


Le 30 mars 2012, des membres de la commune de Robion et du Parc naturel régional du Luberon ont réceptionné les travaux de création d’un logement de berger en compagnie de l’éleveur utilisateur, membre de l’Association des Bergers du Petit Luberon, ainsi que de la technicienne du CERPAM. Il s’agit d’un projet ambitieux conduit dans des conditions techniques difficiles. Le site est en effet isolé, sans accès motorisé, à plus d’une heure de marche depuis le piémont du Luberon ou la route de crête, dans une combe étroite accessible seulement par des sentiers de chèvres raides. Le chantier est arrivé à terme grâce à la ténacité de l’architecte du PNRL Pierre Prouillac qui croyait à ce projet hors normes, à une entreprise locale volontariste et efficace et à la commune de Robion qui a apporté l’autofinancement du projet (financements Feader/Conseil régional des équipements pastoraux).
Pour préserver la richesse biologique du site, l’acheminement des matériaux a été effectué avec des chevaux. Le chantier lui-même a consisté à insérer une « boîte » en matériaux légers et écologiques au sein du bâti existant. En effet, la vieille bergerie en pierres avait été remontée par le PNRL en 1979 pour la préserver de la ruine, mais elle n’offrait aucun confort  et le berger y restait le moins de temps possible Ce nouvel abri de berger de 27 m² offre les conditions de base de confort : excellente isolation, douche, évier, chauffe-eau, poêle à bois. L’eau provient de la citerne pastorale de 25 m3 à proximité qui a été rénovée. La création de ce logement de berger permet une meilleure gestion pastorale des crêtes des communaux des Taillades, de Robion et de Maubec avec un troupeau de 1000 brebis pendant un mois au printemps. L’éleveur est engagé dans une mesure agro-environnementale pour la gestion de ces pelouses et garrigues à forte biodiversité floristique, constituant également un espace de chasse pour les grands rapaces. Des travaux de débroussaillements manuels, raisonnés en fonction des circuits des animaux, ont été réalisés de 2009 à 2011 afin de restaurer le milieu. Cet aménagement participe des objectifs prioritaires du PNRL et du CERPAM pour améliorer les conditions de vie des bergers.


Pour en savoir plus : bbeylier@cerpam.fr

Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence : 30 ans de pastoralisme en Luberon


Le 19 avril 2012, une grande journée de célébration du pastoralisme a été organisée par le Parc naturel régional du Luberon et le CERPAM. Introduite par les présidents du PNRL et du CERPAM, Jean-Louis Joseph et Francis Solda, cette journée a rassemblé un nombreux public d’élus, de techniciens et d’éleveurs. Dès sa création, le PNRL a attaché une grande importance à la préservation et au développement des activités pastorales, en partenariat étroit avec le CERPAM, mais aussi avec l’ONF et avec l’appui scientifique de l’INRA et de l’Université de Marseille. Les intervenants ont ainsi mis en avant la constance, voire la ténacité, de la démarche menée depuis 30 ans : mobilisation foncière, organisation des éleveurs, appui aux filières, travaux d’amélioration pastorale, équipements pastoraux, et notamment cabanes et citernes, mesures agro-environnementales, enfin suivis techniques et scientifiques. Cette action a permis la préservation de la richesse biologique des pelouses sèches et des prairies, avant même que le terme de « biodiversité » n’émerge de la Conférence de Rio en 1992. Elle a permis, avec les forestiers, de renforcer la protection du massif contre les incendies qui l’ont ravagé dans les années 1950 et 1970.

Cette action continue. Les pelouses sommitales du Luberon, « parcours sentinelles » du changement climatique, sont en voie d’intégration dans un réseau régional de prise en compte des aléas climatiques sur les surfaces pastorales. De nouvelles technologies permettent d’améliorer l’habitat des bergers. Les usages multiples des espaces sylvopastoraux sont développés avec les forestiers publics et privés. La transmission des savoir-faire, le soutien aux installations, l’appui aux nouveaux circuits de commercialisation, une meilleure adaptation des mesures agro-environnementales sont en projet ou en cours de réalisation pour un élevage plus durable. Enfin un certain nombre de préoccupations ont été exprimées. Elles ont trait au statut des parcours dans la réforme de la PAC, à l’accès au foncier qui rend plus difficile les installations, enfin à l’arrivée des loups dans les Monts de Vaucluse qui pourrait remettre en cause bien des acquis.
Crédit photo PNRL




Pour en savoir plus : bbeylier@cerpam.fr