jeudi 29 novembre 2012

Massifs montagneux : le CERPAM accompagne les diagnostics de vulnérabilité dans les nouvelles régions d’apparition de loups



Au fil des ans, le CERPAM a fondé la méthode du diagnostic vulnérabilité applicable à l’échelle d’une unité pastorale, d’une exploitation ou d’un territoire, en partenariat avec l’OIER-SUAMME et l’Institut de l’Elevage au sein de l’Unité commune de Programme Pastoralisme méditer-ranéen. Il s’agit de caractériser les facteurs de vulnérabilité liés au territoire, au système d’élevage et aux pratiques afin de proposer des adaptations pour réduire le risque d’attaques sans porter atteinte à l’équilibre du système pastoral ni à la production. L’analyse de vulnérabilité est désormais accessible aux éleveurs qui en font la demande dans le cadre de la mesure de protection des troupeaux.
 
Plusieurs dizaines de diagnostics de vulnérabilité ont ainsi été réalisés sur des alpages ou des exploitations dans les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et le Var. Depuis un an, le CERPAM a accompagné plusieurs diagnostics de vulnérabilité menés dans des territoires d’extension de présence du loup, dont on ignore encore si elle a un caractère temporaire ou permanent. Ainsi dans le département du Doubs avec la Chambre régionale d’agriculture de Franche-Comté, dans le département des Vosges avec la Chambre départementale d’Agriculture, enfin en Lozère avec la Chambre dépar-tementale d’Agriculture et l’OIER-SUAMME (service d’agriculture Languedoc –Roussillon).
Ces études convergent avec celles qui sont menées dans les Alpes du Sud : la problématique dominante est désormais celle de l’adaptation des exploitations d’élevage résidentes en zones à loups et majoritairement sédentaires. Or elles doivent faire face à des facteurs de vulnérabilité spécifiques qui rendent plus difficile la protection des troupeaux par rapport à l’alpage : les troupeaux sont plus petits et divisés en plusieurs lots au pâturage simultanément, ce qui impose de démultiplier les moyens de protection ; les lots d’animaux en production au pâturage sont beaucoup plus sensibles au risque d’attaque, induisant un fort risque de perte de production ; les pâturages sont souvent embrous-saillés, boisés, ou en mosaïque au milieu des bois ; le risque est prolongé pendant toute la période de  pâturage, soit 6 à 12 mois par an ; enfin la capacité de l’éleveur individuel de dégager du temps de travail sup-plémentaire pour protéger ses lots d’animaux est à peu près inexistante. La capacité de trouver des solutions pour la protection des troupeaux sur l’exploitation de montagne, notamment en parvenant à sécuriser les parcs de pâturage, est un enjeu essentiel pour la survie même de cet élevage ovin.

Pour en savoir plus : lgarde@cerpam.fr